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Le narcissisme

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Le narcissisme Empty Le narcissisme

Message par Invité le Lun 29 Avr - 8:35

Enfants : apprenez-leur le narcissisme !
« Comment être aimé si l’on ne se pense pas “aimable” ? » interroge Claude Halmos, psychanalyste. Clef de la vie, le narcissisme se construit dès l’enfance, notamment dans la relation à deux êtres essentiels : les parents.

Claude Halmos

Sommaire
S’accorder une valeur : une étape difficile
Centre du monde
Le narcissisme secondaire
Un déficit d’amour de soi ?
L’identification aux parents
Les blessures narcissiques
Sauvés par l'école
Tu sais, X, il est méchant… »
Le petit garçon qui, dans mon bureau, me fait avec difficulté cette confidence, a 5 ans. Je m’enquiers :
« Il est méchant pourquoi ?
— Parce qu’il ne veut pas jouer avec moi… »
Puis, avec une voix que les sanglots qui montent rend difficilement audible, il ajoute :
« Pourtant, moi, je lui ai donné tous mes Pokémon…
— Tu pensais qu’il fallait que tu lui donnes tous tes Pokémon pour qu’il ait envie de jouer avec toi ?
— Ben, oui… »

L’adulte qui sourirait de cette histoire aurait tort, car elle ressemble à l’énoncé d’un drame en marche. L’un de ceux dont les adultes sur le divan retrouvent la trace quand ils tentent de répondre à la question qui les taraude : « Mais, enfin, pourquoi est-ce que je n’arrive pas à penser que je vaux quelque chose ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’aimer ? » Qu’un enfant se croit obligé de distribuer tous ses jouets à ses copains pour qu’ils aient envie de jouer avec lui n’est, en effet, pas innocent. Cela témoigne de sa part d’une certitude (inconsciente) : sa seule personne n’a pas suffisamment de valeur pour intéresser les autres. Pour être aimé il lui faut donc "payer" : en Pokémon, en services rendus…

Cette désolante conviction n’est pas l’apanage des seuls enfants. Les adultes aussi, à leur façon, distribuent des Pokémon, et certains, d’ailleurs, le disent sans toujours l’entendre : « C’est incroyable, si on fait une soirée entre copains, c’est moi qui fais tout et, au restaurant, c’est plus fort que moi, il faut toujours que je paye pour tout le monde ! »

S’accorder une valeur : une étape difficile

D’où vient chez ces enfants et ces adultes cette difficulté – voire cette impossibilité – à s’accorder une valeur ? Elle procède d’une faille dans ce que la théorie analytique nomme leur "narcissisme". De quoi s’agit-il ?

Le "narcissisme" – l’amour de soi, le sentiment de valeur, l’image que l’on a de soi-même – est une notion complexe et mal perçue, car elle est généralement connotée péjorativement. Elle est, en effet, souvent renvoyée du côté du "trop" et de la pathologie. Celle qu’illustre fort bien le mythe : Narcisse, si amoureux de son image entrevue dans l’eau, qu’il en oublie l’extérieur et les autres. Si captivé par elle, qu’il se noiera en voulant la rejoindre.

Le terme ne recouvre cependant pas seulement de tels excès. Entre penser que l’on ne vaut rien et se prendre pour le nombril du monde, il existe un juste milieu : un narcissisme que l’on peut dire "normal", et qui est nécessaire aux humains. On ne peut pas vivre si l’on ne s’aime pas un tant soit peu.

Comment le narcissisme se structure-t-il ?

Centre du monde

Au début de sa vie, l’enfant ne peut ni s’aimer ni aimer qui que ce soit, car il ne se ressent pas encore comme "un". Il a de lui même un vécu morcelé. Chaque "morceau" de son corps est le siège de "pulsions", de tensions sans lien entre elles : sa bouche crie, son ventre gargouille, etc. Peu à peu, cependant, grâce au "contenant" que constituent la présence, les paroles et les soins de la mère, une première "unité" va se réaliser, rendant possible que l’enfant, ainsi "rassemblé", commence à investir l’énergie libidinale qu’il a en lui.

A quoi va-t-il s’attacher d’abord ? A sa propre personne. A cette étape, le bébé est pour lui-même le centre du monde. L’extérieur n’existe pas pour lui. Il lui apparaît comme un pseudopode de son être et il est persuadé qu’il le dirige par la seule force de sa pensée. Il ressent sa mère comme une partie de son propre corps. La voyant accourir sans délai au moindre de ses appels, il est en effet persuadé qu’il a autant de pouvoir sur elle que sur sa main ou sur son pied.

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Le narcissisme Empty Re: Le narcissisme

Message par Invité le Lun 29 Avr - 8:36

Cette phase, Freud la nomme "narcissisme primaire". Elle est pour tout être humain un moment fondateur, et toute distorsion à ce niveau entraîne des troubles psychiques très graves. Cette étape du "narcissisme primaire" ne dure cependant que peu de temps, car le nourrisson grandissant et sa mère répondant moins immédiatement à ses demandes, il réalise progressivement qu’elle n’est pas un morceau de lui, qu’elle a une existence propre ; qu’il y a donc à l’extérieur de lui une réalité sur laquelle sa pensée n’a pas de prise.

Cette découverte, qui permet au "principe de réalité" de se mettre en place, a des conséquences très importantes. Elle rend en effet l’enfant capable d’agir sur la réalité extérieure, mais également d’y choisir des objets d’amour. C’est l’époque où il commence à s’attacher à des personnes, à des objets, etc.

Sa libido, qui n’était jusque-là orientée que vers lui, se déplace et investit le monde extérieur. Mais, pour autant, l’enfant ne renonce pas à s’investir lui-même. Il continue à s’aimer. Sa libido se divise donc en deux. Une partie lui sert à s’aimer lui-même : Freud la nomme "libido du moi". L’autre, à aimer les autres. Elle est appelée, dans la terminologie freudienne, "libido d’objet".

Le narcissisme secondaire

Freud nomme "narcissisme secondaire" cet amour de soi qui succède à la découverte de la réalité extérieure. C’est à ce narcissisme que l’on fait référence lorsque l’on parle des problèmes où des failles "narcissiques" d’une personne. Les problèmes à ce niveau sont en effet nombreux, car – Freud le souligne – nous ne possédons qu’une quantité limitée de libido. Nous sommes donc condamnés, pour aimer les autres, à nous retirer de la libido à nous-même, et vice-versa : si l’on s’aime trop soi-même, on n’a plus rien à donner aux autres.

Pour l’illustrer, Freud donne l’exemple de deux cas extrêmes :

• Celui de l’état amoureux, où l’objet aimé, paré de toutes les qualités, est mis sur un piédestal tel que l’amoureux ne peut en retour que s’autodéprécier. Quiconque aime est toujours, peu ou prou, dans la position du « ver de terre amoureux d’une étoile »…

• Et, à l’inverse, celui de symptômes comme le "délire des grandeurs", qui pousse le paranoïaque à se penser l’incomparable génie d’un monde dévalorisé.
On comprend que l’équilibre entre "amour de soi" et "amour des autres" soit difficile à trouver.

Comment peut-on, néanmoins, parvenir à cet équilibre ? Réussir à aimer les autres tout en continuant à s’aimer soi-même ? Pourquoi a-t-on (ou n’a-t-on pas) un "narcissisme" solide ?

Un déficit d’amour de soi ?

A cette question, bien des parents qui amènent en consultation leur enfant « parce qu’il n’a pas confiance en lui », répondent de façon catégorique. Ils disent : « C’est son caractère », sous-entendant ainsi qu’il serait né avec un déficit d’amour de soi. Ces parents se trompent. Le sentiment de sa valeur, la capacité à s’aimer, ne sont jamais chez un enfant des facultés données au départ. Elles se construisent. Et un enfant ne les construit jamais seul, mais toujours dans la relation aux autres et, particulièrement, à ces deux premiers "autres" essentiels que sont ses parents.

Que faut-il pour qu’un enfant puisse penser qu’il vaut quelque chose ? La réponse est claire : il faut qu’il soit sûr d’avoir une valeur pour ses parents. C’est possible, à trois conditions :

1. Il faut d’abord qu’il sente que, pour ses parents, il compte. C’est-à-dire qu’il est pris en compte par eux au titre des choses essentielles de leur vie. Et ce n’est pas par le discours qu’on lui tient qu’il le comprend, mais :

==> D’une part, par ce qu’il ressent. Ce qui fonde, chez un enfant, le sentiment de compter pour ses parents et, du même coup, son narcissisme, c’est la certitude que son existence est essentielle à leur bonheur.

==> Et, d’autre part, par la façon dont ses parents manifestent qu’ils ont pour lui un projet de vie.

Quand des adultes, en proie à des dépressions graves, remontent en analyse le cours de leur vie, c’est souvent sur des questions de ce type qu’ils débouchent. Sur un désir absent de leurs parents à leur endroit, absence qui les a laissés sans appui pour soutenir leur propre désir de vie.

2. Sachant qu’il compte, il faut ensuite que l’enfant sente qu’il compte pour "un", singulier, unique. Compter pour "un", c’est savoir que l’on est considéré comme une individualité :

==> Que l’on est "Pierre", "Jules", ou "Jacques", et pas seulement un morceau indifférencié d’un grand magma appelé "les enfants".

==> Que l’on est reconnu et valorisé dans ses particularités à soi, admis comme "différent" de ses frères et sœurs.

==> Que l’on a une place et qu’elle compte, ce qui n’est évidemment pas possible si l’on n’a pas un coin à soi dans une maison où ce serait matériellement possible, ou si l’on est celui qui doit toujours céder son lit à la vieille tante de passage…

3. Enfin, il faut que ce « un » que représente l’enfant soit un "un" dont on reconnaisse la valeur. Là encore, il ne suffit pas de dire à un enfant qu’il est épatant pour qu’il s’en persuade. Il faut l’accepter pour ce qu’il est et le respecter comme tel :

==> Dans sa sexuation : sentir que le fait qu’il est garçon (ou fille) rend ses parents malheureux donne à un enfant une piètre idée de sa valeur.

==> Dans son corps : il faut que l’enfant sente que l’on respecte son intimité et sa pudeur ; que les étapes de son développement sont reconnues et admises par l’adulte. Etre encore lavé par sa mère à 5 ans, c’est être pris pour ce que l’on n’est plus, un "bébé", et c’est dévalorisant.

==> Dans son être : expliquant aux parents combien il est nocif pour un enfant de voir les adultes se promener nus devant lui, Françoise Dolto posait que l’on devrait respecter un enfant « jusque dans ses regards », comme s’il était, disait-elle, un « hôte de passage ».

==> Dans ses désirs et sa parole : un enfant que l’on n’informe pas de ce qui le concerne et dont les désirs et les opinions ne sont jamais pris au sérieux ne peut pas penser qu’il a de la valeur…

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Message par Invité le Lun 29 Avr - 8:36

L’identification aux parents

A tout cela, il faut ajouter ce qui relève pour l’enfant de l’identification à ses parents. Ce que sont ses parents et, surtout, ce qu’ils pensent d’eux-mêmes est, en effet, essentiel à la construction qu’il fait du sentiment de sa valeur. Il est difficile de penser que l’on est un enfant "bien" si l’on a des parents qui se pensent "pas bien"…

Le narcissisme a donc, on le voit, des racines bien plus profondes qu’il n’y paraît. Il est, pour tous les humains, et quel que soit leur âge, la clef de la vie. Sur tous les plans et, d’abord, celui de la relation aux autres. Comment en effet pourrait-on être aimé si l’on ne se pense pas, soi-même, "aimable" ?

Les blessures narcissiques

Comment la solidité du narcissisme se manifeste-t-elle à l’âge adulte ? Par la capacité à résister aux épreuves qui peuvent porter atteinte à l’image de soi.

Ruptures, licenciements, incidents de la vie courante qui donnent l’impression que l’on est rejeté pas ses amis… Qu’elles soient petites ou grandes, les blessures narcissiques nous guettent à chaque coin de notre vie. Si l’on a, dans son enfance, acquis, grâce à ses parents, le sentiment de sa valeur, on est à même de relativiser les échecs : ils restent douloureux, mais ne sont pas destructeurs.

En revanche, si l’on a été, dès son plus jeune âge, privé de ce capital narcissique, chaque rencontre avec l’autre devient prétexte à une difficile autoévalutation : « Est-ce que je vaux quelque chose ? » Test piégé par avance, car qui se pose ainsi la question a déjà, au fond de lui, la certitude de la réponse : « Je ne vaux rien ou… pas grand-chose. »

Sauvés par l'école

En matière de narcissisme, on sait peu à quel point le rôle des enseignants peut être important pour un enfant. Un enseignant, en effet, est pour lui une grande personne "autre" que ses parents. Il peut donc avoir une opinion différente de la leur : le trouver intelligent quand ses parents l’ont toujours trouvé moins brillant que son frère aîné ; vanter son agilité, alors qu’à la maison il est traité en maladroit ; etc.

Et son avis est d’autant plus important qu’il est une grande personne "valorisée", parce que payée par la société et, de ce fait, nantie aux yeux de l’enfant d’un pouvoir et d’un savoir. Qu’un enseignant leur ait sauvé la vie, des centaines d’adultes pourraient en attester. Et en attestent, de fait, en analyse.

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Message par Mélusine le Lun 29 Avr - 8:52

Tu as mis beaucoup d'articles très intéressants, mais toi, qu'en penses-tu ?
Mélusine
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Date d'inscription : 17/03/2013

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Le narcissisme Empty Re: Le narcissisme

Message par Invité le Lun 29 Avr - 9:26

je n'ai pas trop le temps ce matin de develloper la réponse,j'y reviendrais plus tard mais en bref j'aurai eu tendance à être comme les parents au début de l'article a rire d'une certaine situation,sans penser que c'est lorsque l'on est enfant que l'on se construit,du fait que je me suis élevé en grand partit seule cela ne m'aide pas,d'ou le manque de confiance en moi,du coup j'essaie de changer avec mes enfants mais c'est dur de faire la part des choses. flower

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